Elles sont blanches, avec des empiècements très colorés qui reproduisent des bouts de tableaux de Bernard Buffet. Cette paire de Nike modèle «Dunk» une ligne créée en 1985 pour le championnat de basket américain, et rééditée depuis deux ans avec grand succès a été fabriquée à 156 exemplaires pour l'expo Nike du Palais de Tokyo, à l'automne 2003 : on la surnomme d'ailleurs la «Dunk Paris». Prix de vente à l'époque : 130 euros. «J'en avais quelques dizaines, les gens faisaient la queue devant le magasin», dit Mounir Abou, coresponsable de l'enseigne parisienne Opium, où l'on déniche le nec plus ultra, en série limitée, de la marque au swoosh (la «virgule» de Nike).
Aujourd'hui, le prix d'une paire de Dunk Paris atteint 1 200 euros sur les enchères du Net, et les marques prennent aussi ce pli élitiste, qu'il s'agisse d'Adidas avec le couturier Yamamoto ou de Puma avec le designer Philippe Starck, créateur de la collection automne-hiver 2004.
Produit de luxe ou dépassé ? A quelques mètres de la boutique Opium, dans le quartier des Halles parisien, mais aussi dans toute la France, s'ouvrent pourtant autant de magasins que de «boutiques de téléphones portables il y a deux ans», dit Mounir. Certains ultrapointus, d'autres grand public ; ils font dans la basket, nouveau Graal du commerçant branché. Mais tous ne survivront pas. D'autant que le marché de la «chaussure de sport» (les Anglo-Saxons usent du terme américain de sneaker) marque un ralentissement depuis quelques mois. «On




