Attention, danger. Ici, un poussin fait trois crottes, là une pieuvre vous mate d'un air malheureux, plus loin, un ours, un moustique, une cassette ailée ou un rhino neurasthénique affichent leurs traits blancs sur rouge. Les rues de Lyon, cité plus connue pour ses bouchons que son avant-garde, ne sont pas envahies de hordes de poussins et têtes de mort stylisées... Mais d'une centaine de panneaux de signalisation d'un genre nouveau qui ont poussé comme des champignons hallucinogènes depuis le 19 mai, en pleines Nuits sonores. Tous sur fond rouge, couleur du danger dans le code de la route. Tous dressés côté trottoir plutôt que tournés vers la route, moyen d'éviter l'accident. Tous plantés sous le nez et la barbe d'autorités locales pour une fois consentantes. Et tous réunis dans le projet «Panos», une «incursion dans le quotidien des gens», née dans la tête des Kanardo, «cellule bicéphale de création graphique» repérée pour Art de rue, livre sur la scène post-graffitis (1). Ces enfants de Basquiat et Di Rosa ont digéré la bombe et le pochoir pour s'intéresser à d'autres formats, toujours dans l'espace public.
Effet de masse. Le détournement des bons vieux panneaux de signalisation, les Kanardo pratiquaient déjà ils ne sont pas les seuls. La vraie bonne surprise de «Panos», c'est l'effet de masse, ces quarante illustrateurs, graphistes et artistes de rue qui ont chacun été sollicités par mail pour contribuer (même le site, signé Superdeux, bucolique et hyperefficace, a été




