Trio exclusivement féminin, puisque constitué de la pianiste Sylvie Courvoisier (native de Lausanne mais basée à Brooklyn depuis 1998), de la percussionniste Susie Ibarra (Californienne d'origine philippine, élève de Milford Graves, devenue batteuse du quartette de Davis S. Ware) et d'une autre percussionniste, électronique celle-là, Ikue Mori (connue pour ses collaborations avec Fred Frith, Arto Lindsay ou Andy Haas, célèbre joueur de didgeridu New-Yorkais), Mephista est assurément l'un des groupes les plus novateurs de la scène jazzy contemporaine. Grâce au rôle capital tenu en son sein par «l'électropunctrice» japonaise, il parvient en effet à concilier à la perfection exigence (voire austérité) acoustique et exaltation technologique, dans une espèce de maelström à intensité séismogénique variable, parce que parfaitement maîtrisé. Preuve qu'Ibarra est parvenue à convaincre ses partenaires du bien-fondé de sa philosophie instrumentale, résumable en une formule choc du genre : «La musique que je joue ne peut être qu'organique.» Celle de Mephista l'est, en tout cas, qui emporte l'auditeur complice à la découverte de territoires sonores insoupçonnés, mais aisément identifiables eu égard à cette atmosphère d'authenticité qui les unit. Qu'ils s'appellent la Femme 100 têtes, Fractions, Drôle de mots, Sans mots, Air, Void, Beloukia, Shifting Roll ou encore le Château de Cène, hommage à l'intitulé d'un roman de Bernard Noël interdit par la censure pompidolienne, lors de sa parutio
Critique
Mephista
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Publié le 18/06/2004 à 1h06
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