Menu
Libération
Critique

Mad in Maddin

Réservé aux abonnés

Publié le 10/12/2004 à 3h25

Guy Maddin avoue une prédilection pour les acteurs assis, couchés et, mieux encore, endormis ­ «la représentation la plus vraie, au plan poétique et psychologique, de l'être humain», assure-t-il dans son Manifeste pour de meilleurs films. Pourquoi ? Parce qu'ils «évoquent tout sauf la prose» : «Des rêves se tricotent dans la tête des acteurs assis ou couchés, des métiers fabriquant énergiquement des tapisseries oniriques projettent des fils égarés dans les airs au-dessus de leur tête. Ces fils retombent par terre, au hasard, en dessins d'enfants ou en machinations d'adultes, primitifs fragments du désir sordide de réaliser un souhait. Il faudrait que l'air et le sol qui entourent ces acteurs soient semés de mystères, de fouillis, de débris, de lambeaux d'arômes, de meurtres à moitié commis et de petits napperons.»

Cyclones esthétiques. Un désordre aussi extraordinaire que créatif, à l'image des quatre longs métrages du cinéaste canadien rassemblés en DVD (1). On y trouve l'histoire d'une amitié virile contrariée entre deux patients d'un hôpital islandais frappé par la peste (Tales from the Gimli Hospital) ; un mélo amoureux sur fond de Première Guerre mondiale et de révolution d'Octobre (Archangel) ; une «fantaisie alpine et incestueuse» (Careful, peut-être le plus barré du lot) ; et une version pour le moins originale de Dracula (la captation d'un ballet adapté du roman de Bram Stoker, filmée en super-huit avec effets spéciaux numériques). Quatre films, quatre cyclones esthé

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique