Ni Leo Ferré, ni Julos Beaucarne. Aucun bandana ne retient sa coupe d'état permanente. Pourtant, il semble aussi échevelé. Il déclame sincèrement. Il s'appelle Dominique de Villepin. Ministre de l'Intérieur, il fut également ministre des Affaires étrangères. Sur un piano très mélancolique, au timbre vieillot, il voit le nouveau monde. Il conte la France idéale. Il harangue. «Dans ces temples des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal/ nous sommes les gardiens d'une conscience.» Il s'envole comme dans un concert à la Mutualité : «Et c'est un vieux pays, la France !/ d'un vieux continent comme le mien, l'Europe !/ Qui vous le dit aujourd'hui !» Quoi qu'est-ce ? Une version perso de la nouvelle Marseillaise ? L'exhumation d'un enregistrement pirate du concours d'éloquence musicale de l'ENA 72 ? Une manip d'internaute hacktiviste façon Ariel Wizman, samplé partout après ses pubs antipiratage ? Non. Ce nouveau hit engagé est bien issu d'un bricolage. Celui de l'artiste Arnaud Fleurent-Didier. Ce dernier, ému par le discours de Dominique de Villepin de 2003 à l'ONU, l'a samplé et réarrangé à sa sauce (1). Le texte expliquait le «non» français à la guerre en Irak. Fleurent-Didier a composé avec lui comme Chostakovitch jouait des humeurs politiques de Staline. Au bord de rejoindre Nuit et brouillard de Jean Ferrat, ou Regarde de Barbara, au panthéon des chansons politique du siècle, Un monde meilleur a déjà eu les honneurs de l'AFP et du Parisien. Dans le magazine Techni
Ministre of sound
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Publié le 15/04/2005 à 1h46
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