Quand des journaux aussi mythiques que le Canard enchaîné ou Charlie Hebdo essaient de représenter les musiques de jeunes, c'est souvent avec une acuité inversement proportionnelle à celle qu'ils exercent sur l'actualité classique. Sûrement un gap générationnel. Ou alors un mépris plus idéologique pour la culture de masse. Dessinateur à Charlie Hebdo, DJ occasionnel et collaborateur de la revue pop Magic, Luz échappe à la règle(Libération du 20 avril). Au début de son album (1), il prévient : «Musicalement, l'image de Charlie est une catastrophe, dit la légende, comme les disques qu'on reçoit : des sous-Brassens, des sous-Ferré, du sous-punk-ragga-ska.» Envoyé spécial sur quelques festivals (Transmusicales, Benicassim, Mirande...), Luz relance la couverture BD de l'actualité musicale. Pas la plus moisie, puisque, de LCD Soundsystem à Franz Ferdinand en passant par Le Tigre, il privilégie les artistes qui pourraient démentir cette accusation de ringardise à l'endroit de la BD. Les planches les plus réussies mettent en scène le rapport singulier, pour ne pas dire exclusif, qu'entretient l'auditeur avec le groupe-DJ-songwriter. «Quand ils apparurent sur scène, écrit-il à propos de Sonic Youth, plus personne n'eut besoin de croire en Dieu.» Un dessin à fragmentation représente la bande de Thruston Moore et Kim Deal, totalement déconstruite. Comme si un de leurs larsens avait guidé le feutre à distance. De même, quiconque s'est déjà retrouvé foudroyé au milieu d'un concert de PJ
Rock'n'bulles
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Publié le 29/04/2005 à 1h58
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