Mardi 17 mai, 11 h 15, quai des Tuileries, un car de touristes japonais pile net. Les visages se collent aux vitres. Le spectacle qu'ils ont sous les yeux n'est annoncé par aucun tour-operateur, mais il éclipsera sans problème la soirée d'ennui au Lido ou l'évanouissement en haut de la tour Eiffel. Devant eux, sur la file de droite, quatre vieux bus de la RATP viennent d'effectuer leur premier arrêt : la ligne de bus Chanel relie pour un jour la place de la Concorde au café de Flore pour présenter les modèles de la collection «croisière». Puisque les autres marques ont pris l'habitude de présenter en catimini ces pièces conçues à l'origine pour des femmes qui partaient vraiment en croisière , Lagerfeld a décidé d'aller à contre-courant et de faire un événement de ce petit rendez-vous du calendrier de la mode. L'an dernier, il avait embarqué toute la faune fashion sur des petits bateaux pour une virée sur la Seine. Cette année, la croisière se fait au ras du bitume dans une ambiance un poil rétro et totalement comique.
Rame people. A l'intérieur de ces transports publics très privés, un aréopage buñuelien de journalistes de mode, de people et d'«amis de Karl», cette dernière notion recoupant parfois les deux premières catégories. Dans le bus A, Dani est assise à côté de la comédienne et mannequin Joana Preiss. Au rang précédent, Anna Mouglalis, «égérie officielle» de la marque de la rue Cambon, discute avec le couturier. Catogan et col montant impeccables. Les doigts sont c




