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Critique

Tarkovski, un maître mal servi

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Publié le 27/05/2005 à 2h20

La sortie des cinq premiers longs métrages d'Andrei Tarkovski aurait dû constituer l'un des événements majeurs du printemps DVD. Parce que le Russe mystique, mort en exil en 1986, reste l'une des figures totémiques du cinéma moderne, souvent copié (n'est-ce pas Emir Kusturica, qui a plagié la fête païenne d'Andrei Roublev dans le Temps des gitans ?), jamais égalé. Parce que nombre de jeunes cinéphiles, à qui on ne cesse de vanter la splendeur des plans séquences tarkovskiens, sa mise en scène élégiaque de la nature, la profondeur de ses interrogations métaphysiques, peuvent ainsi découvrir cinq merveilles devenues quasiment invisibles en salles (1).

Las! les cinq titres disponibles chez MK2 Editions se révèlent de simples rééditions de DVD mis en vente il y a déjà cinq ans, soit au Moyen Age du support. «Nous n'avons eu aucune marge de manoeuvre, s'excuse Claire Dornoy, chef de produits chez MK2 Editions. Le Russian Cinema Council (Ruscico) n'acceptait de céder ses titres que si nous reprenions son travail tel quel. Nous avons juste eu la possibilité de modifier les sous-titres français qui étaient truffés de fautes.» Résultat : les menus animés sont garantis d'époque, c'est-à-dire hideux. Et il faut se contenter des rares suppléments concoctés par le Ruscico, d'un intérêt limité et d'un kitsch parfois éprouvant (cf. les «éclairages» sur Andrei Roublev). Plus fâcheux encore, MK2 a dû conserver pour Andrei Roublev, Solaris et Stalker la répartition des films sur deux disques,

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