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Critique

Pollet, «l'Acrobate» prodigue

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Publié le 02/09/2005 à 3h31

Un employé de bains-douches timide et maladroit est amoureux d'une prostituée. Pour la séduire, il devient champion de tango. C'est la trame, délicieusement flottante, de l'Acrobate, petit bijou du cinéma français des années 70. Il est l'oeuvre de Jean-Daniel Pollet (1936-2004), l'autoproclamé «cadet de la nouvelle vague» qui reçoit en DVD l'hommage vibrant de ses proches. Pollet «était capable de travailler dans tous les champs du cinéma» (films publicitaires et reportages pour Dim Dam Dom inclus !) sans «aucun a priori sur le support ou la durée», explique ainsi le critique Narboni. Les vingt films (dix courts, dix longs) de ce «dandy séducteur et grand lecteur» (dixit le producteur Pierre-Henri Deleau) peuvent être classés en deux catégories : une veine expérimentale dans l'orbite du nouveau roman et de la poésie de Francis Ponge (Méditerranée, l'Ordre...); une veine comique proche des chroniques sociales de Jean Renoir et des grands burlesques muets (L'amour c'est gai, l'amour c'est triste et l'Acrobate). Deux styles a priori antinomiques et pourtant reliés par un même regard : celui, rare, d'un cinéaste «poète du mouvement et de la forme» (l'historien de cinéma Noël Simsolo), capable de transfigurer la réalité.

Bouille lunaire. Dans l'Acrobate, cette poésie repose pour beaucoup sur le corps élastique de Claude Melki. Jean-Daniel Pollet avait découvert cet apprenti tailleur dans un dancing au milieu des années 50, avant de le faire tourner à cinq reprises. «Il était doué.

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