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Libération

Pine Occhio

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Publié le 30/09/2005 à 3h53

A la quatrième place des ventes de singles figure une troublante adaptation de la musique de Pinocchio. Intitulée T'es pas cap, elle reprend la mélodie du film de Luigi Comencini, composée en 1972 par Fiorenzo Carpi, sur un arrangement de «dance» italienne. Ce remix constitue déjà un hymne de cour de récré. Seulement voilà. Certaines caractéristiques de son clip risquent de lui faire encourir un sticker «Advisory : explicit lyrics». Voire un «X rating» ordonné bientôt par le CSA. Jugez plutôt. La scène se passe au début de l'animation 3 D. Une silhouette de Pinocchio déambule dans la rue. Il longe un mur qui doit être celui de l'école. Tout sourire, le pantin s'apprête à chanter : «T'es cap, pas cap d'hurler comme un fou/ T'es cap, pas cap, que tu l'aimes Mary-Lou.» Il tourne soudain au coin de la rue. Quand il aperçoit une jeune fille assise sur les marches d'un perron : c'est sûrement Mary-Lou. Le clip a démarré depuis quatre secondes. A cet instant, deux siècles et demi de mythe Pinocchio s'effondrent devant huit millions d'enfants. En effet, à peine l'«eye contact» avec Mary-Lou a-t-il eu lieu que le nez de Pinocchio s'allonge aussitôt. Il ne lui a pourtant pas adressé un mot. Aucun mensonge susceptible de provoquer le syndrome nasal bien connu n'a pu donc être prononcé. Alors que s'est-il passé ? Il ne reste guère qu'une hypothèse : Pinocchio bande juste «comme un fou» quand il voit Mary-Lou. Tout simplement. Explicitement. Les dommages collatéraux de ce bouleversement

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