Non, le reggaeton n'est pas une opération humanitaire destinée à sauver la jeunesse d'une épidémie de dreadlocks. Le reggaeton constitue juste le dernier courant musical constaté sur le continent américain. Intercalé phonétiquement entre ragga et ringtone, il a approché les côtes françaises en milieu d'année sous la forme du hit La Gasolina, de Daddy Yankee. Hymne pré-crise pétrolière pour villages vacances en furie, La Gasolina a véritablement installé mondialement le genre. Le New York Times (le 11 septembre dernier) a même fini par entériner le phénomène. La star latina Shakira injectait même quelques sons reggaeton dans La Tortura, sur son dernier album. Il était temps. Car l'influence de ce mélange de hip-hop, ragga et musiques latines (comme la bomba et la plena) ne se dément plus depuis la fin des années 90. Comme d'hab, les instances culturelles new-yorkaises ou européennes traînent à légitimer le mouvement. Car, à l'instar du hip-hop en son temps, le reggaeton est tellement associé symboliquement, et rythmiquement, à sa communauté d'origine en l'occurrence les Latinos que le reconnaître à vitesse normale correspondrait à «entendre» ce bouleversement inouï : les Latinos ont conquis une place démographique majeure aux Etats-Unis. Le journaliste Jon Pareles du New York Times associe d'ailleurs très clairement l'émergence du reggaeton à un dommage collatéral de la bombe démographique latine : «Could this year bring the Latin wave that lasts ?» se demande-il. Il rapp
Latin power
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Publié le 07/10/2005 à 3h59
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