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Libération
Interview

«J'aime que les objets me fichent la paix»

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Publié le 27/01/2006 à 20h10

Début janvier, Matali Crasset a été élu designer de l'année 2006 pour le Salon du meuble de Paris (Libération du 6 janvier). C'est au tour de Jean Nouvel, né en 1945, d'être sacré créateur de l'année par le salon Maison & Objet. La foire leader joue la signature star : l'architecte de l'Institut du monde arabe et de la Fondation Cartier est plus connu pour les nombreux débats politiques qu'il a menés depuis les années 70 que pour son design.

N'avez-vous pas été surpris par cette récompense ?

C'est un contre-pied ! J'aime bien le rugby, donc j'apprécie les contre-pieds. C'est sans doute pour créer une surprise, pour montrer qu'il existe différentes attitudes dans le design.

Vous êtes peu connu comme designer...

C'est vrai, rien n'est rassemblé. J'ai quand même eu une carte blanche au VIA (Valorisation de l'innovation dans l'ameublement) en 1986 ! J'aimais bien l'étagère télescopique en aluminium, dont les éléments s'emboîtaient, et qui se bloquait sur un mur. Etre designer, c'est naturel pour moi, c'est une conséquence de mon métier d'architecte. J'ai commencé à éditer des meubles conçus spécifiquement pour mes bâtiments. Comme à l'hôtel Saint-James, en 1987-1989, à Bouliac, près de Bordeaux, pour Jean-Marie Amat. J'avais opté pour des lits hauts, campagnards, dans ce belvédère de nuit qui surplombe la Garonne. La modernité veut que l'on se couche à la japonaise, au sol, mais le contraire marche aussi. Pour le restaurant, il s'agissait de renverser la convention des sièges de ces

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