Martin Scorsese et Bertrand Tavernier ont au moins un point commun : une admiration éperdue pour les films de Michael Powell (1905-1990). «Son oeuvre est une présence magique, parfois un refuge, parfois un champ de recherche, toujours un lieu pour se ressourcer et retrouver le sens de la vie et de l'art», assure le réalisateur de Mean Streets. Quant à Bertrand Tavernier, il explique avoir initié il y a quatorze ans l'activité littéraire de l'Institut Lumière, qu'il préside, dans l'espoir de pouvoir publier un jour en français les Mémoires de Powell (1), «l'un des plus beaux livres jamais écrits par un cinéaste, et sur le cinéma».
Dans le prolongement de ces éditions, la cinémathèque lyonnaise (lire ci-contre) se lance désormais dans le DVD avec, comme il se doit, quatre films de Michael Powell jusqu'alors inédits en zone 2 français. L'un, les Chaussons rouges, est célèbre pour son ballet féerique de dix-sept minutes non-stop, moins pour sa vision radicale de l'engagement artistique et la cruauté surprenante de son dénouement. Les autres restent encore trop rarement diffusés en dépit de leurs splendeurs. 49e Parallèle est un film de guerre à suspense dont les héros sont des sous-mariniers nazis infiltrés au Canada, une oeuvre de combat conçue, expliquait Powell, pour «foutre la frousse aux Américains et les faire entrer en guerre contre Hitler au plus vite». Colonel Blimp est l'un des trop rares exemples de film de propagande subtil où la fantaisie se mêle au réalisme, où un r




