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Libération
Interview

Cette musique est une chronique de la marginalité

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Publié le 09/06/2006 à 15h15, mis à jour le 09/06/2006 à 21h45

Caracas de notre correspondant

Ecrivain, scénariste et journaliste vénézuélien, César Miguel Rondón est l'auteur du Livre de la salsa, bible du genre parue en 1979 et rééditée en 2005.

Les salseros étaient-ils de mauvais garçons ?

Oh que oui ! Un jour j'ai emmené Ismael Rivera à un concert au terminal de la Guaira [port de Caracas, ndlr]. Et ça s'est terminé en pugilat. J'ai dû tirer Ismael de sous la table, le terminal s'était transformé en saloon, les gens jetaient les chaises. C'est le seul western que j'ai vécu de ma vie ! Les titres d'albums de Willie Colón jouaient sur l'image du mauvais garçon : le Procès, Je le tue, la Grande Evasion... Et puis sur les pochettes, il y avait ces poings, ces chaînes, ces torses nus, presque comme dans le réalisme soviétique ! Marvin Santiago est le mauvais garçon typique, il a fait beaucoup de prison.

Son grand succès s'intitule l'Auditoire bleu, parce que les prisonniers avaient un uniforme de cette couleur. Bobby Valentin a enregistré dans une prison de Porto Rico, avec Marvin Santiago justement, à la maison ! Enfin, celui qui n'était pas un saint non plus, c'est Jerry Masucci, le patron de la Fania. Dans la légende, les gens du label étaient les méchants et Masucci était le premier d'entre eux.

Le mouvement salsa était-il lié au nationalisme portoricain ?

Ray Barretto était impliqué dans la lutte nationaliste portoricaine mais il n'a jamais assumé de position politique. Le leader des Young Lords [activistes portoricains proches des Black

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