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Libération

American booty

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publié le 16 juin 2006 à 21h27

La pop culture, c'est comme l'enseignement de masse. Il faut toujours revenir aux fondamentaux. Ainsi de Tania Bruna-Rosso, maligne chroniqueuse à Canal +. La semaine dernière, l'air de ne pas y toucher, elle a remis en selle une notion capitale, trop souvent éludée. Un centre de gravité omniprésent, trop souvent déprécié. Un concept aussi cardinal dans nos «mtvies» que l'impératif catégorique chez Kant. Ou le visage de Garbo chez Roland Barthes. Ce coeur de réacteur de la pop culture, c'est le «booty». Le cul, en anglais argotique. Le popotin féminin. Celui ­ entre autres ­ des «feature girls», ces filles lascives qui ondulent dans les clips de hip-hop. Ce «booty» ne constitue pas seulement un bout de chair huilé, vulgaire, destiné à faire lever une paupière au slacker affalé. Dans nos sociétés postcritiques, le «booty» est devenu une «image-à-disposition» (Barthes again). Un point de focalisation qui scintille sur nos écrans comme un signal infrarouge sur une cible mouvante. Ce soir-là, sur Canal +, le dernier clip de Bubba Sparxx permet de dévoiler la fesse cachée de la musique mondiale. L'hyperefficace Ms New Booty nous invite à une parodie de téléachat. Un jeune Pierre Bellemare US a un truc à nous vendre. Pas un fauteuil Everstyl qui ferait jacuzzi et barbecue. Non. Sous les cris d'admiration d'un panel de ménagères de moins de trente ans, le bateleur flanqué de Bubba Sparxx vante une boîte miraculeuse au package bleu-bulles de lessive. De ce paquet, barré d'un «Ms New