C'est la fusion la plus étrange du moment. Un mix entre la Star Ac et les Sex Pistols, la rencontre entre la culture nerd et l'esthétique gothique, qui marche très fort chez les 12-15 ans. Le terme emo (pour emotional) apparaît d'abord au milieu des années 80 avec la vague du hardcore américain (Fugazi et consorts).
Le mouvement actuel, qui a d'abord ressurgi au milieu des années 90 aux Etats-Unis avant d'irriguer l'Europe, a très peu de points communs avec le courant originel. Plus branchés Internet (la communauté est très représentée sur MySpace) que défense des droits de l'homme, ces bébés-goth trompent leur ennui dans un romantisme noir, finalement assez fréquent à cet âge. Mais les emos sont aussi extrêmement sensibles, voire pointilleux pour tout ce qui touche à leur apparence. A Paris, rue Keller (XIe arrondissement), où l'on trouve plusieurs magasins spécialisés, filles et garçons discutent longuement de l'opportunité de porter telle ou telle marque. La maigreur et la pâleur sont leur norme. Le noir est leur couleur, comme chez leurs aînés gothiques, mais alors que ces derniers aiment s'alourdir de longs manteaux couverts de signes cabalistiques, eux affichent un certain sens de la sobriété. En ce sens, ils empruntent aussi à la skate culture.
Chochoteries. Surtout, les emos, dernière déclinaison de la figure de l'ado rebelle, sont les premiers à rêver aussi ouvertement de célébrité instantanée. Sur leurs innombrables sites perso, filles et garçons




