On rencontre peu Jean-Marie Massaud en France. On le retrouve tous les ans à Milan où il semble confortablement installé dans la direction artistique du groupe italien Poltrona Frau. Et on avait découvert, au fil des ans, la légèreté biomorphique de ses sièges chez Cappellini. On sait aussi que ce designer français né en 1966 conçoit un stade à Guadalajara au Mexique, des blocs d'habitation à New York, qu'il travaille en Suède, au Japon. Son image est diversifiée, énigmatique, voire «magmatique».
Le prix du créateur de l'année 2007 qu'il reçoit au Salon du meuble de Paris et l'exposition qu'il présente au VIA permettent de reprendre date avec lui, de se glisser dans son univers polymorphe. «Je suis un scientifique au départ, je voulais être ingénieur, j'étais fasciné par l'invention. J'ai finalement fait l'Ensci (Ecole nationale supérieure de création industrielle de Paris) où l'on pouvait aussi inventer. Mon diplôme, c'était un projet de sous-marin. Car, pour moi, le mobilier n'est pas l'enjeu.» On avait compris que c'était une fausse piste de le limiter aux cossus fauteuils Poltrona Frau. «C'est une grande entreprise patrimoniale, aux savoir-faire très qualitatifs, mais mon objectif, c'est de dégraisser le poids des archaïsmes.»
L'objet et le moteur. Si Massaud aime vider les volumes, on ne le rangera pas aux côtés d'un Konstantin Grcic qui pratique lui aussi un salutaire design de l'élémentaire. Il s'apparenterait plus au cosmogonique Philippe Starck da




