«L'écologie fait son entrée au salon», titrait le Corriere della Sera dans son supplément Mode e Modi. «Mais la route à parcourir est encore longue», y tempérait le designer Richard Sapper. Basse consommation, récupération de l'eau, matériaux recyclables, tous ces nouveaux impératifs ont irrigué la fiera. Ce terrain occupé depuis longtemps par le design critique anglo-saxon, est aujourd'hui relayé par quelques entreprises. En tête, Segis, maison toscane de sièges, qui passe toute sa production aux cribles des critères écologiques. Les entreprises de luminaires, de Luceplan à Guzzini, se bousculent pour défendre l'économie d'énergie électrique.
Organisé par l'association Best Up, tout un circuit de l'habitat ecosostenibile («supportable», dont l'équivalent français est le développement durable) a traversé Milan. Qui menait à la Fabbrica del Vapore, où exposaient des étudiants de l'Ecal de Lausanne. Elia Mangia, glaneuse de cageots de marché, a composé à partir de ce pauvre matériau, miroirs et lampes raffinées. Plus rurale, Tetê Knecht fabrique bancs et sabots en paille
Mais c'est peut-être l'installation Red Cube, de Paolo Tarpini, qui frappait le plus fort à Tortona. Dans une boîte rouge théâtrale, le visiteur était invité à s'agenouiller devant une fontaine où tombait régulièrement une goutte d'eau. A chaque fois retentissait un son insupportable, un coup de poing à l'estomac. «Une métaphore des tragédies qui se déroulent quotidie




