«Il me suffit, disait Maurice Béjart, d'avoir des interprètes qui veuillent bien me bouleverser, en me dévoilant techniquement leur vie, leurs cicatrices et ces choses sur eux-mêmes qu'ils ne savent pas et que j'ignore autant qu'eux, mais que la danse repère très vite. Elle qui vous découpe quelqu'un mieux que tous les scalpels du monde.»
Maurice Béjart n'a jamais souhaité modeler ou former des danseurs, encore moins en faire des petits Béjart. Et pourtant, grâce à ses écoles, il a joué malgré lui un rôle de transmetteur. Beaucoup de ceux qui ont travaillé avec lui, comme Maguy Marin, Germaine Acogny, Anne Teresa de Keersmaeker et Gil Roman directeur-adjoint de la compagnie de Lausanne ont tracé leur propre chemin. Trop affectés, ils n'ont pas tous souhaité s'exprimer.
Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l'Opéra national de Paris qui compte quinze pièces de Béjart à son répertoire et neuf créations : «Avec l'Opéra, c'était un peu : Je t'aime moi non plus. Maurice était un individualiste relié qui avait la passion des jeunes danseurs et qui, en même temps était très solitaire, un solitaire mystique. C'était un enfant terrible, il avait un courage total et il a secoué l'institution». Dernièrement, elle s'est rendue à Lausanne pour préparer le programme que le Béjart Ballet Lausanne donnera fin 2008 à l'Opéra : «Je pensais le voir dans sa chambre d'hôpital, il m'attendait dans son studio de danse. Il m'a dit une chose que j'ai beaucoup aimée<




