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Tokyo l’héritière non conforme

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Limi Feu n’est pas que la fille du couturier Yohji Yamamoto. Du legs parternel, elle tire une silhouette rajeunie et inspirée de la rue, comme baignée dans la révolte adolescente.

Publié le 05/04/2008 à 3h17

Son père, le couturier Yohji Yamamoto, dit souvent d’elle : «Si elle avait été un garçon, elle n’aurait pas vécu au-delà de 15 ans.» De cette allusion à une adolescence révoltée, Limi Feu conserve une apparence noueuse. Deux bras maigrichons plongés entre les jambes. Aux poignets, bracelets ethno-argentés et liens tissés. Aux oreilles, une série d’anneaux et un poinçon. Aux doigts, de minuscules tatouages étoilés. A 33 ans, Limi Feu semble fragile. De longs cheveux raides, une frange dans les yeux. Sur la table, deux paquets de Marlboro ultra light empilés. Dans le cendrier, un tas de mégots. On a du mal à imaginer que cette jeune femme participe à la fièvre des défilés parisiens de prêt-à-porter. Un blouson de cuir, une robe fleurie seventies, des bottes de motard aux courbes adoucies par ses soins. Limi Feu parle peu anglais, préfère s’exprimer en japonais. «Adolescente, j’étais punk. Tout de noir vêtue, avec des platform shoes. Je me souviens d’une grande jupe plissée à carreaux de chez Comme des garçons. Je l’adorais. Comme elle coûtait cher, je me l’étais fait acheter par ma mère.» De son adolescence, elle ne souhaite pas en dire plus, confirme juste le diagnostic paternel : «J’ai été élevée par ma mère de façon très stricte, je me suis rebellée violemment. Je mettais ma vie en danger. Ma chance a été d’être une femme, j’ai échappé à la violence entre hommes. Sinon, j’aurais été assassinée.» Elle dit cela d’une voix douce et posée.

Ballet. Trois jours plus tard, nous rev

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