L’homme qui a inventé l’odeur du linge qui sèche au soleil, l’odeur de la photocopieuse en surchauffe ou d’une voiture laissée dans un garage, le voilà : Christian Astuguevieille, 62 ans depuis peu, promène des airs de dandy anglo-saxon et rien, en apparence, de révolutionnaire. C’est pourtant lui, depuis 1994, qui imprime à la marque japonaise Comme des garçons un univers olfactif aussi avant-gardiste que les propositions vestimentaires de sa créatrice Rei Kawakubo.
Lorsque ces deux-là se rencontrèrent à Tokyo, en 1993, Astuguevieille, après avoir travaillé aux parfums chez Molinard et avant de rejoindre, brièvement, la maison Nina Ricci, était le directeur artistique de Rochas ; il était également et continue d’être un designer reconnu, créateur de sculptures et de meubles en corde et en bronze.« Avec Rei, on avait envie d’aller à l’opposé de ce que faisaient les autres : donc pas de publicité, pas de tests, pas de marketing, aucune envie de sortir un énième floral ennuyeux, aucune envie de mentir non plus en disant qu’il n’y a pas de matières synthétiques dans les parfums ; pour enfoncer le clou, on a d’ailleurs lancé quelques années après une collection qui s’appelait les Synthétiques. »
Puisqu’il s’agissait de faire différent, Kawakubo et Astuguevieille ont également, d’emblée, écarté une autre convention du milieu : le classement masculin/féminin (leurs parfums sont mixtes) : « Pour moi, la distinction n’a pas de sens. »Christian Astuguevieille n’est pas un nez ; le voc




