Disparaître. Se fondre dans l’environnement. Echapper à l’œil d’une technologie de plus en plus invasive. Le déploiement panoptique des technologies de surveillance réactive avec insistance cette problématique apparue sur le champ de bataille au début du siècle, élargie désormais à l’ensemble de la société civile. Comment se cacher des machines ? Comment devenir invisible dans une ère de plus en plus visuelle ?
Dans son livre Ni vu ni connu, traduit récemment chez Zones sensibles (1), l'historienne Hanna Rose Shell trace une généalogie culturelle du camouflage, dont les développements sont étroitement liés à l'apparition de la photographie aérienne pendant la Première Guerre mondiale, lorsque le combat prend de la hauteur et que se dérober aux regards adverses devient une question de vie ou de mort.
L’enseignante chercheuse au MIT (Massachusetts Institute of Technology) y décrit cette course-poursuite entre la sophistication grandissante de la reconnaissance aérienne et les techniques vouées à la contrer. Aujourd’hui, ce petit jeu du chat et de la souris se poursuit plus que jamais avec l’arrivée des drones, la prolifération des caméras de surveillance, la biométrie, les systèmes de reconnaissance faciale et la traçabilité généralisée, à leur tour déjoués par de nouvelles contre-mesures.
Face à cette injonction contemporaine de visibilité, consécutiv




