Un masque mortuaire blanc comme marbre couvre son visage. Il a une voix humaine, mais, pour le reste, c’est un pantin articulé ou manipulé comme dans le bunraku japonais. En montant la Mort de Tintagiles, Denis Podalydès s’est souvenu qu’à l’origine Maurice Maeterlinck avait écrit la pièce pour le théâtre de marionnettes. Tintagiles, enfant malade qu’il faut protéger à tout prix de la reine vorace déterminée à le prendre, symbolise la fragilité humaine face à cette menace intime qu’est la mort. Créée à Amiens avec le concours des musiciens Christophe Coin et Garth Knox, c’est une mise en scène étrangement baroque de ce récit fantastique que présente en ce moment Podalydès aux Bouffes du Nord. Rythmé par les interventions des instrumentistes, le spectacle interprété par Adrien Gamba Gontard, Leslie Menu et Clara Noël a des accents de rituel funéraire auxquels le très émouvant poème dramatique Pour un tombeau d’Anatole, de Mallarmé, donné en ouverture, n’est sans doute pas étranger. Hugues Le Tanneur
Critique
Un Maeterlinck version baroque
Publié le 22/05/2015 à 19h36
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