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Glory Owl, collectif de BD : «Un strip est comme une chanson pop»

Le festival de bande dessinée Formula Bula se tient au Point éphémère à Paris ce week-end, avec pléthore d'invités, dont les dessinateurs parisiens à l'humour potache. Présentation en images de leur travail.

Glory Owl. (Dessin Glory Owl)
Publié le 25/09/2015 à 12h47

Le festival de bande dessinée Formula Bula, initié par Ferraille Production (collectif des Requins Marteaux), se replie cette année sur le Point éphémère dans le nord de Paris (après avoir investi Saint-Ouen lors des précédentes éditions) et propose rencontres et invités choisis parmi les forces vives de la rentrée graphique comme Winshluss, Bastien Vivès ou encore Nine Antico.

Au programme également, le jeune collectif parisien débridé Glory Owl, repéré chez Golden Moustache et qui sévit sur le Web depuis 2013 à coup de bons mots et autres références pétomanes. Composé des dessinateurs Mandrill Johnson, Bathroom Quest, Gad, Mëgaboy et Jean-Jacques Charogne, le collectif se propose «de faire des strips d'humour noir et absurde, un genre peu représenté dans les blogs français». Présentation en images et en blagues crapuleuses par l'équipe :

«Wesh Molière est le strip qui nous a fait connaître et c'est toujours l'un des préférés de nos lecteurs. Ce n'est pas la première fois que quelqu'un interprète une œuvre classique avec des mots d'argot, mais il représente assez bien notre objectif : celui de faire rire à chaque case. Nous essayons d'éviter la construction classique d'un strip "introduction-dénouement-conclusion-gag" pour parfois proposer un gag au milieu ou carrément dans chaque bulle. C'est une manière de surprendre le lecteur, mais aussi de diversifier les rires, puisque deux lecteurs riront au même strip, mais pas pour la même raison.»

«Peut-être est-ce difficile à percevoir, mais nous portons beaucoup de soin aux détails et tout particulièrement aux dialogues. Pour nous, un strip est comme une chanson pop : on retrouve toujours la même structure couplet-refrain alors, pour se démarquer, il faut casser le rythme, une attitude, un mot à la place d’un autre, une bulle en plus et le gag est transformé.»

«Au sein de Glory Owl, nous partageons un goût prononcé pour les blagues douteuses sur des sujets tendus et forcément on le retrouve dans nos strips. On parle de racisme, de pédophilie, de handicaps lourds, etc. Par contre, nous essayons de toujours diriger le rire contre l’oppresseur plutôt que contre la victime. Les gambas, à notre sens, représentent bien cet esprit : présenter un discours raciste pour faire passer le raciste pour ce qu’il est : un vieux con.»

«Le dernier venu est Jean-Jacques Charogne. Il ne dessine pas mais nous régale avec ses scénarios outranciers et scatologiques. Nous pratiquons un vrai travail de collectif mais chacun apporte ses idées et donc aussi ses propres marottes : Mandrill et les pets, Bathroom Quest et les "geeks", Gad et le troisième âge, etc. Etre cinq nous permet d’éviter de trop nous répéter et si les thèmes se ressemblent, on essaie d’aborder à chaque fois une nouvelle idée.»

«Pour fêter la première année du blog, nous avions organisé un concours. Parmi toutes les participations reçues, Mëgaboy se détachait largement du lot avec son dessin tranché et son humour absurde. On lui a donc proposé de participer définitivement au blog. Bien que Glory Owl ait une ligne directrice, on essaie d’apporter tous notre vision de l’humour et Mëgaboy a apporté quelque chose qui nous manquait, avec un humour fondé sur l’attitude de ses personnages et l’exagération des situations.»

Festival Formula Bula, du 25 au 27 septembre.
Rens. : www.formulabula.fr gloryowlcomix.blogspot.fr

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