C’était d’abord un défi technique et administratif. Faire entrer, dans la plus grande prison d’Europe, douze tablettes, un vidéoprojecteur, deux enceintes constituant un genre de musée numérique, relève d’un tour de force qu’on ne mesure pas. Alors même si ce matin, devant les officiels, les journalistes et quelques détenus, la Joconde bugge un peu sur l’écran et que le dispositif plante, on se félicite en dirigeant bien les clap-clap vers le conseiller technique un peu en nage qui, dans le coin, tente de réinitialiser la tablette.
Reste le pari éducatif, culturel, humaniste. Et laissons-nous donc quelques mois, entend-on dans la bouche du Préfet de région comme du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), pour évaluer ce que peut produire ou non cette «fenêtre sur le monde» que constitue ici, dans le bâtiment D1 réservé aux longues peines, l’accès à quelques-unes des grandes œuvres du patrimoine français. «On reste humble, on sait qu’on ne va pas révolutionner comme ça des trajectoires mais c’est une petite pierre.»
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Tout le monde ici se passe le micro pour le redire : «La prison est une privation de liberté, pas une restriction d’accès aux soins, à l’éducation, aux sports et à la culture. Il faut rendre utile le temps de la détention.» Et Edouard Foucaud, directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne, s’en dit persuadé : «La Micro-folie n’est pas un gadget mais un outil de réinsertion et de socialisation.»<




