Chacun son Vallotton : il y a ceux qui ne jurent, côté estampe, que par ses stupéfiantes gravures sur bois dévoilant l’intimité des couples ou le Paris des émeutes au tournant du XXe siècle. Côté peinture, ceux pour qui le nom de l’artiste suisse évoque immédiatement la Blanche et la Noire, relecture passionnante de l’Odalisque d’Ingres et de l’Olympia de Manet, où cette fois la femme noire, fumant son clope près de la femme blanche allongée et nue (sa maîtresse ?), figure au premier plan.
De Félix Vallotton (1865-1925), on croit ainsi bien connaître l’œuvre. Pourtant l’exposition «Vallotton Forever» au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (MCBA) réussit le tour de force d’éparpiller ce qu’on savait de lui façon puzzle. Plus on avance dans les allées de la plus grande rétrospective jamais donnée de l’artiste, moins l’esprit Vallotton paraît définissable. A chacun d’assembler les pièces d’une trajectoire par endroits encore mystérieuse, de tracer à son goût et à son aise de nouvelles concordances entre le Vallotton dessinateur de mode et le Vallotton anarchiste, de l’avant-gardiste au peintre épris de tradition de la deuxième partie de sa carrière, du paysagiste au portraitiste, etc.
Etranges huis clos
C’est ainsi qu’au premier étage, respectant la chronologie, les deux commissaires de l’exposition, Catherine Lepdor du MCBA, et Katia Poletti de la Fondation Félix-Vallotton de Lausanne, ont posé côte à côte ses portraits d’écrivains (Lautréamont, Mallarmé, Fénéon…) illust




