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Affaire Epstein : un tableau de l’ex-prince Andrew exposé au Louvre par des activistes pour dénoncer ses liens avec le criminel sexuel

Le cliché de l’ancien membre de la famille royale à la sortie de sa garde à vue a été brièvement érigé au rang d’œuvre d’art par des militants dans le musée parisien, dimanche 22 février.

Le faux tableau de l'ex-prince Andrews est resté quinze minutes exposé avant d'être décroché par des agents du Louvre, dimanche 22 février 2026, à Paris. (DR)
Publié aujourd'hui à 17h30

Une nouvelle démonstration que les répercussions de l’affaire Epstein ne connaissent pas de frontières. Les visiteurs du Louvre ont pu découvrir un tableau inédit, ce dimanche 22 février, resté accroché une quinzaine de minutes : le portrait de l’ancien prince Andrew, terré à l’arrière d’une voiture, le visage blême. Ce cliché, capturé au lendemain de sa garde à vue pour d’éventuelles malversations en lien avec le financier américain, a fait le tour des réseaux sociaux. «On nous a dit “il faut l’accrocher au Louvre”, alors on l’a fait», s’est amusé le collectif de militants «Everybody hates Elon [Musk]» à l’origine de l’action, sur Instagram.

«Il transpire maintenant»

«Nous voulions montrer à Andrew comment le monde se souviendra de lui en affichant cette photo emblématique de son arrestation au Louvre», a notamment expliqué l’un des porte-parole du groupe. «Espérons que ce ne soit qu’un début. Justice pour toutes les victimes d’Epstein», a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux du collectif. Le faux tableau montre Mountbatten Windsor, affalé à l’arrière d’un Range Rover, après avoir été autorisé à quitter un poste de police du Norfolk, le 19 février dernier. Marquant la première arrestation d’une personnalité publique depuis la déclassification des Epstein files, il a été placé en garde à vue pendant onze heures, soupçonné de «fautes dans l’exercice de fonctions officielles».

Dimanche au Louvre, sous le cadre doré utilisé pour encadrer la photo, le cartel d’exposition affichait en anglais l’inscription : «He’s sweating now» («Il transpire maintenant»), en référence à la titraille utilisée par le tabloïd britannique The Sun juste après l’arrestation du frère du roi Charles III. Le tableau est resté accroché une quinzaine de minutes avant d’être retiré par les agents du musée.

Des accusations de viol

Le nom d’Andrew apparaissait depuis longtemps dans les dossiers liés au pédocriminel américain : en 2025, les suspicions sur ses relations avec Jeffrey Epstein et les accusations de viol le concernant avaient conduit le roi Charles III à déchoir son frère de tous ses titres royaux. Ce dernier a été arrêté en février pour soupçons de «fautes dans l’exercice de fonctions officielles». Selon les derniers documents rendus publics par la justice américaine, il pourrait avoir transmis au financier américain des documents confidentiels liés à son rôle de représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce et l’investissement, poste qu’il a quitté en 2011.

Au-delà des liens financiers supposément entretenus avec Epstein, l’ex-prince était accusé par l’Américano-Australienne Virginia Giuffre, de l’avoir violée à plusieurs reprises alors qu’elle était mineure, soulevant une vague d’indignation au Royaume-Uni. Cette dernière s’est suicidée en avril 2025, non sans livrer une autobiographie posthume où elle étaye ses accusations à l’encontre d’Andrew.

Empêtré dans ces révélations et ces accusations, le gouvernement britannique envisage à présent une loi afin de retirer l’ex-prince Andrew de l’ordre de succession au trône, où il figure actuellement en huitième position. La procédure ne sera examinée que lorsque la police aura terminé son enquête.

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