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Critique

Angel Bat Dawid, gospel sur le fil

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Avec Tha Brothahood, la clarinettiste livre un étourdissant festival d’improvisations live.

Angel Bat Dawid & Tha Brothahood ont enregistré «Live» à Berlin. (Angel Bat Dawid & Tha Brothahood)
Publié le 25/04/2021 à 23h02

Décidément, Angel Bat Dawid n’est pas une artiste formatée. On l’a découverte voilà deux ans sur la foi d’une cassette enregistrée à l’arrache, en fait des sessions captées via son téléphone portable et diffusées sur le Net. La clarinettiste quadragénaire – âge canonique dans un monde qui traque la jeunesse – n’allait pas tarder à mettre tout le monde d’accord avec le bien nommé The Oracle.

La revoici donc, dans une tout autre configuration : fini la solitude (ou presque) de son chant puisant aux sources du gospel, la voici entourée d’une bande d’amis, Tha Brothahood. Plutôt que de profiter de sa nouvelle notoriété – on l’entend sur bien des passionnants projets made in Chicago – pour bénéficier du cadre confor d’un studio, elle choisit de publier un live, et pas n’importe lequel. Il s’agit de la première date, à Berlin, de sa première tournée européenne avec cette formation, qui n’avait pas répété depuis plusieurs mois et qui dût affronter les menaces d’un festival, mécontent qu’un membre du groupe ait dû retarder son arrivée pour cause d’urgence médicale. Comme si ce fil du rasoir était nécessaire pour espérer saisir la puissance de sa créativité et susciter des improvisations hors-norme.

Angel Bat Dawid pleure, implore, chante, déchante

Le résultat est à la hauteur : chaotique et passionnant, pétri dans la chair et la pensée d’une femme qui s’inscrit tout autant dans le gospel que le post-jazz. Les quere

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