Le projet muséal le plus enthousiasmant du moment ressemble à un immeuble de bureaux. Il se trouve dans l’ancien parc olympique Queen Elizabeth, dans l’est de Londres, et l’on passerait devant sans y prêter gare. Y entrer est pourtant hyper simple : c’est gratuit, il y a un café à l’intérieur et des canapés où s’asseoir. L’on s’arrête au pied de l’escalator pour demander conseil, car tant de simplicité est un brin déboussolant.
Ce lieu singulier, hybride, offre l’accès à une sorte de saint des saints, les réserves du prestigieux V&A britannique (ou Victoria and Albert Museum, dédié aux arts décoratifs, au design et à la sculpture), qui depuis la fin du mois de mai sont ouvertes au public, alors même que continuent d’y travailler conservateurs et chercheurs.
Dites «réserves», et aussitôt un frisson de secret, de trésors cachés, de zone interdite parcourt votre échine, et vous n’êtes pas seul. Les musées en ont fait l’un des axes de réflexion les plus brûlants du moment, si bien que l’Icom, le Conseil international des musées, a conduit une grande enquête sur la question en 2024 (conclusion rapide : «La situation des réserves est évaluée de manière assez défavorable par la majorité des musées interrogés, notamment pour ce qui concerne le manque de place et de matériel»). D’où l’intérêt de cet emballant vaisseau, qui partage généreusement les collections, métiers et réflexions du V&A dans un geste pédagogique qui réhabilite, si tant est qu’il y en ait besoin, le rô




