Si, là, tout de suite, quelqu’un prononce le mot «aérosol», on aurait assez spontanément tendance à retenir sa respiration et à jeter des regards fiévreux autour de soi en vérifiant si l’on a bien ajusté son masque. Parce que, en février 2021, après un an d’angoisse, l’aérosol, c’est avant tout la «diffusion par aérosol» de l’abominable virus, un cauchemar de microgouttelettes potentiellement létales vaporisées à tout-va par l’ennemi public numéro un : autrui. Avec l’expo «AÉROSOLthérapie», la galerie parisienne Topographie de l’art offre un palliatif au flip en rappelant que la brumisation, c’est chouette, pour peu qu’elle véhicule des particules de couleur plutôt que de grippe.
Dans cette grande halle aérée où le regard peut toucher le bois brut de la charpente, le couple d’artistes et commissaires C.N. Jelodanti, anagramme de Clara Djian et Nicolas Leto, a sélectionné des travaux de quinze peintres et dessinateurs utilisant la peinture en bombe et autres techniques de pulvérisation voisines (sans oublier la brosse à dents) dans leur œuvre. Parti pris : le street art a été sciemment exclu de l’expo, même si son spectre n’est pas loin et que certains comme Jean Faucheur, cofondateur du collectif Frères Ripoulin, sont passés par le graffiti.
Devant les grands formats tels ceux la Suissesse Renée Levi, boucles et gribouillis taille surhumaine, on est pris d’une envie de se trémousser, comme une chorégraphie secrète calquée sur les gestes des artistes, car le spray a cela de fas




