Elle ne s’en séparerait pour rien au monde et l’a tous les jours sous les yeux, dans son atelier londonien. A 94 ans, Bridget Riley considère, encore, le pastiche qu’elle fit, en 1959, d’un fameux tableau de Georges Seurat comme une boussole et son original, le Pont de Courbevoie (1886), comme l’étoile du berger, la clé, le détonateur de toute son œuvre. L’occasion fait le larron. Le musée d’Orsay, friand d’un art contemporain apte à activer et actualiser sa collection dix-neuviémiste, saute sur cette passion revendiquée par l’artiste britannique pour le pionnier du pointillisme. L’exposition «Point de départ», qui éclaire et détaille, point par point, l’influence de l’un sur l’autre, lève un lièvre.
On ignorait que la papesse anglosaxonne de l’Op Art, star du show The Responsive Eye, qui révéla, en faisant sensation (sous la complicité de Brian De Palma, et de son film éponyme) au MoMA de New York en 1965, la grâce et la puissance de peintures mobiles et étourdissantes, avait été mue, émue et à ce point ébranlée par Seurat. La preuve est pourtant là : sa copie du Pont de Courbevoie et son modèle, une couverture de catalogue. Le cours de la Seine, ses berges herbeuses, quelques silhouettes trop raides de pêcheurs immobiles, le pont au loin, et plus loin




