Menu
Libération
Bestiole

«Mouches» : un livre qui cherche la petite bête dans l’art

Réservé aux abonnés

Augure néfaste, obsession répugnante, rat de laboratoire… Un ouvrage, paru aux éditions Macula, dresse le portrait du diptère mal aimé dans le cinéma, la peinture ou la littérature.

«Vanité» d’Adriaen Van Nieulandt (1636). (Margareta Svensson)
Publié le 30/01/2026 à 17h32

Salvador Dalí écrivait dans Journal d’un génie : «J’ai horreur des mouches sales. Je n’aime que les mouches proprissimes.» Sans la charogne et la crasse, il est vrai que les mouches ne seraient pas des mouches. Plus soignées, elles n’auraient peut-être pas intéressé Peter Geimer, historien d’art allemand, qui leur consacre un petit ouvrage illustré réjouissant. Paru en 2018 en Allemagne et tout juste traduit en français, Mouches. Un portrait butine avec finesse les textes anciens, les films et les tableaux classiques pour cerner les liens qui nous attachent à ces minuscules individus noirs ailés. En regardant les mouches à la loupe, ainsi que leurs représentations, le directeur du Centre allemand d’histoire de l’art à Paris nous en apprend beaucoup sur ces insectes, objets d’une étonnante attention – voire carrément d’une obsession – de la part des peintres et des écrivains, mais aussi d’une haine immense et inquiétante…

Prenez par exemple l’expression «il ne ferait pas de mal à une mouche». En la retournant dans tous les sens, on comprend qu’elle a un sous-texte : faire du mal à une mouche serait naturel pour l’homme. Qui s’offusque vraiment qu’on maltraite cette bête ? En allemand, on dit même «tuer deux mouches avec une même tapette», synonyme de l’expression «faire d’une pierre deux coups». En français, on dit aussi «tomber comme des mouches». Dans un célèbre conte de Grimm, le vaillant petit tailleur, agacé par des mouches

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique