Dans l’antichambre de l’exposition, il y a une célèbre photo prise par August Sander en 1914 : trois jeunes fermiers endimanchés, avec cannes et chapeaux, sur un chemin de campagne, en route vers le bal, debout, de profil, fixant l’objectif avec sérieux, fierté, raideur et nonchalance. L’un d’eux a une clope au bec. Elle pend un peu. Analysant l’image et l’usage alors récent du costume par le peuple, l’écrivain John Berger remarque : «A un corps qui se trouve pleinement chez soi dans l’effort, habitué à un rythme ample et soutenu, vont des vêtements qui idéalisent la sédentarité, la discrétion, l’aisance.» Dans quelque temps, ces corps auront un autre vêtement : l’uniforme. Puis ils seront sans doute blessés, mutilés, disloqués, tués, et le cœur et l’esprit des survivants, tordus ou détruits.
Exposition
Otto Dix, August Sander, George Grosz... Au centre Pompidou, l’art allemand fait éruption
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Une exposition majeure met à l’honneur l’époque sulfureuse des années 20, qui a vu émerger outre-Rhin le mouvement de la «nouvelle objectivité».
August Sander
Zirkusarbeiter [Travailleurs du cirque],
1926
-1932
Tirage original, épreuve gélatino
-argentique
28.00
x 21.10 cm
Die Photographische Sammlung/SK Stiftung
Kultur, Cologne © Die Photographische
Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander
Archiv, Cologne/ Adagp, Paris, 2022 (Die Photographische
Sammlung)
Publié le 11/06/2022 à 8h15
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