Onze ans après la jubilatoire exposition «From Here on» qui constatait l’arrivée du robinet à images d’Internet dans nos foyers et sa conséquence sur la production artistique, les 53es Rencontres d’Arles s’interrogent toujours sur l’empreinte croissante du numérique dans la photo. Jusqu’à présent, les images de l’ère numérique, des métavers, des NFT et des intelligences artificielles – peut-on encore parler de photographie ? – sont souvent très laides, voire carrément terrifiantes. Le cru 2022 arlésien ne déroge pas à la règle. Mais ces clichés, par leur disgrâce même, sont néanmoins intéressants. Au cloître Saint-Trophime, les images d’Arash Hanaei (BMW Art Makers), photographe iranien ayant abandonné l’appareil photo pour le monde virtuel, liquident le réel pour créer un paysage nauséeux en réalité augmentée. Sans consistance, éthérés, ses dessins numériques sont truffés d’avatars, de photos prises à l’iPhone, d’extraits de la bande démo du métavers de Mark Zuckerberg, d’architectures utopiques des années 70… Dans ce paysage intangible, une jeune fille toute molle, un casque de réalité virtuelle sur la tête, rampe à reculons comme une Lara Croft désarticulée dans un
Effrayant
Aux Rencontres d’Arles, voyage jusqu’au bout du monstre
Réservé aux abonnés
Métavers, deepfake, intelligence artificielle… Arash Hanaei et le duo Fontcuberta-Rosado se concentrent sur les images disgracieuses et incongrues créées par les machines.
Beautiful Agony de Joan Fontcuberta et Pilar Rosado (Joan Fontcuberta et Pilar Rosado)
Publié le 09/07/2022 à 5h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus