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Conflit au Proche-Orient : une exposition sur le Liban à l’Institut du monde arabe reportée à cause de la guerre

Consacré au site historique de Byblos, l’événement devait débuter en novembre. Il sera finalement reporté car il est impossible d’acheminer les œuvres jusqu’en France, dans un contexte de fortes tensions au Moyen Orient.

Pierre tombale romaine en calcaire de Qartaba (région de Byblos) exposée au Musée national de Beyrouth. (Ludovic Maisant/Hemis. AFP)
Publié le 31/10/2024 à 18h34

C’est la première fois que la guerre bouleverse le calendrier de l’Institut du monde arabe. Ses équipes échangeaient pourtant depuis des mois avec des archéologues libanais pour organiser un événement consacré à Byblos, «l’une des plus anciennes cités du Liban classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco», ainsi que l’institut la décrit dans un communiqué. L’exposition devait ouvrir le 26 novembre, mais sera finalement reportée à 2026, car la situation du pays empêche l’acheminement des œuvres.

«Jack Lang [le directeur de l’IMA, ndlr] se trouvait au Liban le jour de l’attaque des bipeurs», raconte le directeur de la communication, Martin Garagnon. «Il y était afin d’échanger avec nos partenaires sur l’exposition consacrée à Byblos.» C’était le 17 septembre, jour qui marque le début de l’attaque israélienne sur le sol libanais. Depuis, les bombardements n’ont pas cessé et la tenue de l’événement semble de plus en plus compliquée. «Ni nous ni nos partenaires ne voulions laisser tomber le projet. Les Libanais sont fiers, refusaient que la guerre les empêche de mener l’exposition à son terme», déplore-t-il.

Une zone de guerre

Mais les équipes en charge du projet se heurtent à plusieurs difficultés. D’une part, les assurances refusent de couvrir les œuvres, désormais très à risques puisqu’elles sont en zone de guerre. Il est d’autre part extrêmement dangereux de les transporter. «Pour pouvoir mettre les œuvres en caisse, il faut des équipes qui le fassent en toute sécurité», souligne Nathalie Bondil, directrice du musée et des expositions. «Les routes sont bloquées, les voies d’accès bombardées, des millions de réfugiés sont sur les routes. Il y a un danger imminent et tellement d’autres priorités.»

Le site de Byblos, qui se situe au sein de la ville de Jbeil, sur le littoral à quelques dizaines de kilomètres au nord de Beyrouth, est menacé par les bombardements. Il y a une semaine, l’Orient le Jour faisait état de frappes israéliennes à Jbeil, près du village chiite de Aalmat, non loin de la zone archéologique.

Etre solidaires

Le pays regorge de sites historiques auxquels l’IMA avait déjà consacré plusieurs expositions par le passé. Désormais, les bombardements n‘épargnent pas les sites archéologiques. Mercredi, Israël faisait évacuer la plaine de la ville antique de Baalbek avant de lancer des frappes massives.

L’IMA compte malgré tout mettre le Liban à l’honneur très prochainement. «Nous souhaitons être solidaires dans cette tragédie qui survient», maintient Nathalie Bondil. En fin d’année, Zad Moultaka, un artiste libanais, doit exposer à l’IMA. Une série d’expositions consacrées aux patrimoines en péril est également prévue afin de mettre en lumière le Liban, ainsi que d’autres sites historiques.

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