Sur les réseaux sociaux et dans les rues de Londres, on s’enthousiasme autour d’une fresque aperçue pour la première fois lundi 22 décembre dans le quartier de Bayswater, dans le centre de la capitale britannique. L’artiste Banksy a revendiqué sur son compte Instagram en milieu d’après-midi être l’auteur de ce nouveau pochoir, qui représente deux enfants allongés par terre, vêtus de bottes en caoutchouc, de manteaux et de bonnets d’hiver à pompon. L’un d’eux pointe du doigt le ciel. Elle a été peinte sur un mur au-dessus d’une rangée de garages sur Queen’s Mews.
Reportage
Il n’a en revanche pas posté de photo d’une fresque identique apparue quelques kilomètres plus loin à Tottenham Court Road, dans l’hypercentre de Londres. Auprès de la BBC, l’artiste Daniel Lloyd-Morgan a déclaré qu’il pensait que le choix du lieu, le gratte-ciel de bureaux Centre Point, visait à sensibiliser le public au problème des enfants sans-abri. «Tout le monde passe un bon moment, mais beaucoup d’enfants ne passent pas un bon Noël», a-t-il, dit avant d’ajouter que les passants «ignoraient» l’œuvre d’art : «C’est un quartier très fréquenté. C’est assez poignant que les gens ne s’arrêtent pas. Ils croisent des sans-abri sans même les voir allongés dans la rue.»
Jason Tomkins, un expert passionné de Banksy, a déclaré qu’il pensait lui aussi qu’il s’agissait d’une «déclaration claire sur le problème des sans-abri». La tour Centre Point, située sur New Oxford Street, a été un point de ralliement historique pour les manifestations contre le mal-logement, rappelle la BBC. Construit en 1966, le gratte-ciel est resté inoccupé pendant plus d’une décennie. Les logements y ont depuis été transformés en appartements de luxe valant plusieurs millions de livres. De son côté, le street artiste n’a fait aucun commentaire.
Œuvre effacée en septembre
Originaire de Bristol, Banksy est l’un des artistes vivants les plus célèbres au monde, particulièrement pour ses pochoirs aux messages politiques et provocateurs qu’il répand aux quatre coins de la planète. En septembre, il avait ainsi dessiné sur l’une des façades extérieures de la Royal Courts of Justice de Londres un juge brandissant un marteau sur un manifestant allongé au sol avec une pancarte maculée de sang.
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Deux jours plus tôt, près de 900 personnes avaient été arrêtées dans la capitale lors d’un rassemblement de soutien à l’organisation interdite Palestine Action, émaillé de tensions entre police et manifestants. Cette organisation a été classée «terroriste» par le gouvernement après des dégradations commises sur une base de l’armée de l’air. L’œuvre avait été rapidement dissimulée derrière une bâche en plastique puis effacée.




