Madame Soler connaîtra-t-elle enfin son véritable propriétaire ? Depuis seize ans, les descendants du collectionneur d’art Paul von Mendelssohn-Bartholdy prétendent être les héritiers du célèbre tableau de Picasso, vendu sous la pression du régime nazi en 1935. Le détenteur, l’Etat de Bavière, conteste cette version des faits en assurant qu’il n’y avait aucun rapport entre la vente et la persécution des Juifs. La chancellerie de Munich estime même avoir acquis cette œuvre dans le cadre d’une transaction commerciale «normale» en 1964 à un marchand d’art de New York.
A Berlin, le Trésor des Guelfes, exposé au Musée des arts décoratifs, fait également l’objet d’un litige avec les descendants de l’ancien propriétaire, un marchand d’art juif forcé de vendre sous les nazis à un prix inférieur au marché. L’ensemble de 42 pièces d’orfèvrerie médiévale appartient à la Fondation du patrimoine culturel prussien. Valeur estimée : entre 100 et 300 millions d’euros.
«Nous avons perdu beaucoup de temps»
Ces deux contentieux pourraient bientôt trouver une issue grâce à la mise en place à l’initiative du gouvernement et des collectivités, le 1er décembre 2025, d’une «juridiction arbitrale sur les spoliations nazies» (Schiedsgerichtsbarkeit NS-Raubgut) chargée de trancher sur la restitution des œuvres d’art. «Pour la première fois, les ayants droit pourront engager une procédure même si un musée ne souhaite pas coopérer», se félicite Rüdiger Mahlo, le représentant de la Claims C




