«La crise du sida ne fait que commencer.» La banderole floquée de lettres rouges sur fond jaune, tendue au Palais de Tokyo, au seuil de l’exposition, en annonce l’humeur, tout sauf contrite, passéiste ou commémorative. L’œuvre de l’artiste américain Gregg Bordowitz a beau dater du début des années 2000, elle situe l’épidémie dans une perpétuelle actualité et «Exposé·es» travaille dans cette même temporalité, non-bornée, en tirant sur plusieurs cordes à la fois et en évitant toute dimension documentaire. Elle ne retrace aucune chronologie du sida, et rechigne même à le prendre comme «sujet», à la différence par exemple de celle qui s’est tenue au Mucem il y a un an à peine (dont le titre citait un slogan d’Act Up, «VIH /sida, l’épidémie n’est pas finie !», en en déroulant «l’histoire sociale et politique»). Une histoire militante que le film 120 Battements par minutes de Robin Campillo prenait comme toile de fond dramatique et qui traverse aussi le documentaire réalisé (et
Expo
«Exposé·es» : en avant, marge
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En donnant à voir des artistes qui maintiennent à vif la plaie ouverte par l’épidémie, le Palais de Tokyo montre comment le sida, en frappant toute une génération dans les années 80, a ouvert une nouvelle séquence politique, sociale et esthétique.
Nan Goldin
Nan Goldin, Gilles’ Arm, Paris, 1993, tirage cibachrome monté sur Sintra, 68,3 x 101,6 cm. Courtesy de
l’artiste et Galerie Marian Goodman (Londres, New York, Paris) (Nan Goldin. Galerie Marian Goodman)
Publié le 16/02/2023 à 19h47
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