Ce 10 mai 2006, au soir du vernissage de l’exposition Godard au centre Pompidou, ni le cinéaste ni son commissaire, Dominique Païni, ne se montreront, boudant chacun de leur côté l’aboutissement bancal d’un projet auquel tous deux œuvrent pourtant depuis cinq ans. Chacun a son mot d’excuse. Païni, «viré» trois mois auparavant par le «maître», prétexte qu’il était «retenu à la fondation Maeght» dont il prenait la direction et qu’il «voulait voir l’expo seul, sans risquer de croiser JLG». Ce dernier affiche en grand les raisons de son éclipse, inscrivant noir sur blanc, de sa main, sur une affiche placée au début de la première des salles de la Galerie Sud, une mise au point qui vaut fin de non-recevoir et générique de fin : «Le centre Pompidou a décidé de ne pas réaliser le projet d’exposition intitulé “Collage(s) de France, archéologie du cinéma”, en raison des difficultés artistiques, techniques et financières qu’il présentait, et de le remplacer par un autre projet intitulé “Voyage(s) en utopie, à la recherche d’un théorème perdu. JLG 1945-2005″.» L’exposition n’est pas celle que Jean-Luc Godard avait voulue qu’elle soit en premier lieu, ni non plus celle qu’avait espérée Beaubourg, dont «beaucoup de conservateurs se sont bouchés quand ils l’ont vue», se désole Païni.
Patrice Blouin, enseignant en école d’art et critique de cinéma, était au vernissage et en rit encore : «La chose géniale, c’était de voir tous les thuriféraires go




