Menu
Libération
Lutte sociale

Grève au Louvre : les agents votent la fin de la mobilisation

Les salariés du musée avaient débrayé en début de semaine. Après une semaine en dents de scie, le musée est ouvert «normalement» ce vendredi. Et les salariés maintiennent leur préavis faute d’«avancées suffisantes» dans les négociations.

Le 17 décembre, jour de fermeture partielle du Louvre. (Cha Gonzalez/Libération)
Publié le 19/12/2025 à 12h14

Fermeture totale, ouverture partielle et maintenant : ouverture normale. Au Louvre, l’annonce ce vendredi 19 décembre de la fin de la grève des personnels met fin à une semaine de flottement dans le musée parisien. L’institution a pu rouvrir «normalement» après que les agents mobilisés depuis lundi pour de meilleures conditions de travail ont voté la fin du mouvement, ont annoncé les syndicats et la direction.

Réunis en assemblée générale – comme chaque matin depuis le début de la semaine – quelque 300 agents se sont prononcés à l’unanimité et «en responsabilité» pour ne pas poursuivre la grève, indique Valérie Baud, représentante CFDT, à Libération. Un geste de leur part pour «améliorer les conditions de visite». En raison de la mobilisation, le musée avait dans un premier temps été entièrement fermé lundi – et mardi avec la fermeture hebdomadaire. Il n’avait ouvert que partiellement ses espaces ensuite. «La finalité des agents, ce n’est pas d’empêcher l’accès aux visiteurs pendant les fêtes mais d’améliorer leurs conditions de travail ainsi que les conditions de visite», abonde la représentante CGT Nathalie Ramos.

La représentante CFDT met aussi en avant le dialogue «très positif» entretenu avec le ministère de la Culture. Des discussions sont amenées à continuer «dans l’année 2026». Pour autant, les syndicats ont maintenu leur préavis faute d’«avancées suffisantes» dans les négociations, ont indiqué la CGT et la CFDT.

Des nuages au dessus du Louvre

Les personnels du musée n’ont par exemple pas obtenu gain de cause sur leur demande d’effectifs supplémentaires. «On nous propose juste de la pérennisation d’emploi», traduit la représentante CFDT à Libé. «Ça bouchera à peine les postes vacants et ceux qui partiront à la retraite, alors qu’ils vont être très nombreux dans les trois ou quatre mois à venir», illustre sa camarade de la CGT. «On va poser des choses sur la table au niveau salarial […]. On n’est pas dans la colère de l’immobilité. C’est une lame de fond et nous sommes déterminés», prévient Valérie Baud. Une autre doléance des organisations syndicales concerne le prix du billet d’entrée pour les visiteurs extra-européens : il doit passer de 22 à 32 euros en janvier. Une «double tarification qui foule aux pieds notre histoire républicaine et l’universalisme fondateur du Musée du Louvre», selon les syndicats.

Depuis le vol spectaculaire de huit joyaux de la Couronne le 19 octobre, les nuages s’amoncellent sur le musée le plus visité du monde. Le Louvre a dû fermer le mois dernier l’une de ses galeries en raison de la fragilité de l’édifice. Il a aussi subi une fuite d’eau qui a endommagé plusieurs centaines d’ouvrages de la bibliothèque des Antiquités égyptiennes.

Un communiqué de la CFDT Culture dénonce ce vendredi «l’absence de réponses concrètes sur le schéma directeur de sécurité et l’avenir de l’établissement, dans un contexte de vétusté et de conditions de travail dégradées», de la part de la direction. Et «le silence de la présidente du musée, qui n’a ni reçu les personnels ni adressé de message durant toute la mobilisation». Une nouvelle assemblée générale est prévue le 5 janvier «pour maintenir la mobilisation si les réponses attendues ne sont pas au rendez-vous».

Mise à jour avec les déclarations de la CGT
Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique