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«La Marrade» : les féministes, ces sales clowns 

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Avec une exposition qui remet en lumière l’art et les slogans des années 70, le Laac de Dunkerque dézingue le cliché de la militante rabat-joie et célèbre le pouvoir émancipateur de la satire.

Une manifestation en faveur de la loi légalisant l'avortement à Paris, en octobre 1979, dans l'œil de la photographe Catherine Deudon. (Catherine Deudon/Roger-Viollet. East News)
ParClémentine Mercier
envoyée spéciale à Dunkerque
Publié le 20/12/2025 à 12h03

Alors quoi les féministes, des connes, des pisse-froid et, surtout, des rabat-joie ? Pas du tout. Au Laac de Dunkerque, une exposition prend le contre-pied des clichés qui collent à la peau des militantes de la cause des femmes. Dans la «Marrade», la commissaire Camille Paulhan plonge dans l’art des années 70 pour y chercher l’humour émancipateur des artistes femmes – il n’y a qu’un homme dans l’expo, Michel Journiac déguisé en «militante» chic, qui brandit un phallus en plastique tel un miroir ou un crucifix. Le drôle de titre, «la Marrade», est un néologisme dérivé d’une citation de Benoîte Groult : «Les femmes imaginent mal le soulagement, le défoulement, qu’elles éprouveraient en contractant le goût de la rigolade», dans Ainsi soit-elle (1975). Il donne le ton : qu’on se poile donc sur un sujet grave pour mieux s’en saisir.

Un bouillon de culture de l’époque

Sur des murs peints en violet, les débuts du parcours plantent le décor des années 70 à travers des slogans, des manifestations et des actions malines. Sur les photos et les vidéos, la deuxième vague féministe a des airs de lutte euphorisante. «Il y a

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