Le Louvre est contraint de rester fermé lundi après la reconduction de la grève de ses agents fatigués d’une détérioration de leurs conditions de travail autant que des bâtiments et engagés depuis mi-décembre dans un bras de fer avec la direction du musée et le ministère de la Culture, a appris l’AFP auprès du musée et des syndicats.
Réunis dans la matinée en assemblée générale, entre 300 à 350 agents ont voté la grève faute d’avancées suffisantes dans les négociations engagées avec le ministère de la Culture et la direction du Louvre, ont dénombré la CFDT et la CGT. En conséquence, le musée n’est pas en mesure d’ouvrir ses portes, selon une porte-parole du Louvre, et restera fermé pour la deuxième fois depuis le début de la mobilisation le 15 décembre.
La reprise de la mobilisation intervient alors qu’ont débuté jeudi 8 janvier les auditions par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale dans le cadre de l’enquête sur «la protection du patrimoine national et la sécurisation des musées», près de trois mois après le braquage spectaculaire visant la galerie Apollon. «Le conflit social n’est pas résolu», commentait la semaine dernière auprès de Libé Valérie Baud, déléguée CFDT. Lundi 5 janvier, le musée était partiellement ouvert en raison du vote à l’unanimité de la grève par son personnel mobilisé.
Des fréquentations en hausse
Au programme des discussions musclées entre les syndicats et l’administration du Louvre : les conditions de travail du personnel et d’accueil du public, les effectifs des équipes ainsi que la possibilité d’une revalorisation de leurs salaires.
Le projet Louvre – Nouvelle Renaissance (LNR), qui prévoit notamment l’ouverture d’une nouvelle entrée et un parcours spécifique pour la Joconde, fait notamment l’objet de critiques par les agents mobilisés. Pointant la détérioration de l’édifice, alors que les fréquentations sont en hausse - le musée a accueilli neuf millions de visiteurs en 2025 -, ils demandent de prioriser des travaux de rénovation, plutôt que d’envisager, via le projet de réaménagement, une version du musée encore plus propice à la venue massive de touristes.
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Les syndicats dénoncent également des problèmes de gouvernance au sein de l’institution parisienne, comme l’illustre la récente annonce du départ de Sophie Jugie qui dirigeait le département des Sculptures du musée et dont le contrat n’a pas été renouvelé.
Dans une lettre adressée à la présidente du Louvre, Laurence des Cars, et publiée mardi 6 janvier par la Tribune de l’Art, les salariés du département — conservateurs, documentalistes, régisseurs et personnels administratifs — se sont dits «profondément attristés par une décision inattendue» et craignent, dans le contexte actuel, pour «la continuité de l’action du département des Sculptures».




