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Bras de fer

Musée du Louvre : un troisième jour de grève et une nouvelle ouverture partielle, les syndicats toujours insatisfaits

Le mouvement social se poursuit au sein de l’établissement parisien, avec le vote de la reconduction de la grève ce jeudi 18 décembre. Une rencontre doit avoir lieu au ministère de la Culture.

A Paris, le 15 décembre 2025. (Blanca Cruz/AFP)
Publié le 18/12/2025 à 12h43, mis à jour le 18/12/2025 à 18h18

L’épreuve de force entamée lundi et prolongée mercredi se poursuit. Ce jeudi 18 décembre, à l’appel des syndicats, les salariés du musée du Louvre ont voté la poursuite de leur mouvement de grève contre les problèmes de sous-effectifs, la hausse des tarifs pour les non-Européens ou la dégradation du bâtiment, a appris Libération.

L’établissement a tout de même, comme mercredi, ouvert partiellement au public, avec quelques heures de retard liées à la mobilisation. Les visiteurs ont notamment accès au «parcours chefs-d’œuvre» incluant la Joconde, la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace, a fait savoir la direction du Louvre. «Ce n’est pas un message positif par rapport aux grévistes», a réagi la CFDT.

Une délégation se dirige vers le ministère de la Culture pour tenter de trouver une issue à ce conflit qui avait conduit le Louvre à garder ses portes closes lundi, à la surprise de touristes étrangers venus visiter la demeure de Mona Lisa. «On est déterminés mais en tant que syndicalistes responsables on a envie d’un apaisement. Il y a eu des avancées mais ça ne répond pas à nos revendications», a déclaré la déléguée CFDT Valérie Baud.

En première ligne dans ce dossier, le ministère de la Culture de Rachida Dati a jusqu’à présent notamment promis l’annulation d’une baisse de 5,7 millions d’euros des dotations publiques au Louvre et des recrutements que les syndicats jugent insuffisants.

«Tempête»

Cette mobilisation intervient alors que le musée peine à sortir de la crise provoquée par le cambriolage du 19 octobre. Parallèlement au conflit social, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, dont la gestion de la sécurité du musée a durement été critiquée, a été entendue mercredi au Sénat. Ouvrant sa défense, elle a notamment argué que «le Louvre ne doit pas être jugé à l’aune de la crise qu’il traverse mais des enseignements que nous allons en tirer».

Interrogée ce jeudi sur France Inter, Laurence des Cars a affirmé disposer encore du crédit suffisant pour se maintenir à la tête du Louvre, qu’elle dirige depuis fin 2021. «Je suis à la manœuvre, je dirige ce musée dans une tempête, c’est très clair, mais je suis calme, déterminée pour accompagner les 2 300 agents du Louvre», a-t-elle assuré, ajoutant prendre sa «part quotidienne» de responsabilité dans les dysfonctionnements du musée.

Ce même jour, le Louvre a fait savoir qu’il a porté plainte contre X après la fuite dans la presse de «documents internes et confidentiels», sans toutefois préciser lesquels, selon une porte-parole du musée parisien jointe par l’AFP. Le procureur de la République a été saisi pour «abus de confiance et recel d’abus de confiance».

Un «objectif légitime d’information du public»

Cette action en justice avait déjà été évoquée par Laurence des Cars lors de son passage au palais du Luxembourg mercredi. «Trop de documents sensibles fuitent du Louvre […] dans les médias. C’est totalement inadmissible», s’était-elle indignée, avant de préciser que ladite plainte ne vise pas les médias, mais le responsable de la fuite et cherche avant tout à «rappeler aux uns et aux autres qui travaillent dans cet établissement leur devoir de discrétion, de réserve lorsqu’ils manipulent des informations sensibles.»

Le directeur de la rédaction du site la Tribune de l’art, Didier Rykner, qui a assuré être indirectement visé pas ces allégations, a réagi sur le site du média. Confirmant le recours à «nombreux documents internes» pour nourrir des articles, la rédaction a, selon lui, «toujours pris soin de ne rien montrer qui pourrait mettre en danger la sécurité du musée». Il a, de plus, déploré le ton menaçant de Laurence des Cars à l’égard de leur source, soutenant avant tout poursuivre un «objectif légitime d’information du public».

«Il est absolument ahurissant, et il faut espérer que les sénateurs en ont conscience, que la présidente-directrice du Louvre, lourdement responsable de ce qui se passe actuellement dans ce musée, prétende, alors qu’elle est mise en cause à juste titre, s’attaquer à ceux qui sont à l’origine de cette prise de conscience.», a tonné le journaliste.

Mis à jour à 18 h 18 avec l’ajout de la réaction de Didier Rykner

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