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Interview

Raymond Depardon : «Je suis un enfant de la décolonisation»

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Rencontre fleuve avec le photographe de quasi 80 ans, à l’affiche ces prochains mois de trois expositions, à Milan, Montpellier et à l’Institut du monde arabe à Paris, dans laquelle il revient sur les 60 ans de l’indépendance algérienne, entre photos d’époque et prises de vue récentes.

A Alger, en 1961. (Raymond Depardon/Magnum Photos)
Publié le 04/02/2022 à 16h27, mis à jour le 18/03/2022 à 11h44

Ce qu’il y a de formidable – et d’un peu déstabilisant – avec Raymond Depardon, c’est qu’il se raconte avec générosité. Prodigue de son temps, volubile, il reçoit Libé dans sa maison de la périphérie parisienne, sautille en montant et descendant les escaliers, tout heureux de montrer ses lumineux espaces de travail où s’accumulent jusque sous les combles, planches contacts, boîtes, tirages et livres : une vie de films et de photographies est ici très soigneusement rangée. Alors que plusieurs expositions lui sont consacrées («La Vita Moderna» à la Triennale de Milan, «Communes» à Montpellier mais surtout «Son Œil dans ma main» à l’Institut du monde arabe autour de l’indépendance de l’Algérie avec le romancier et journaliste Kamel Daoud), le photographe et cinéaste, corps ramassé et furtif, qui fêtera ses 80 ans en juillet, paraît en forme olympique. Epris de belles formules, Raymond Depardon parle déjà de nouveaux projets : «Là, je m’attaque au désert. J’ai l’impression de creuser ma tombe, car après le désert, il n’y plus rien.» Elle est bien cette phrase, on peut noter ? «Allez-y, je vous la donne.»

A peine besoin de poser une question, qu’il est déjà lancé sur l’Algérie. Magnéto.

C’est toujours un peu les mêmes choses, les anniversaires, les gros souvenirs… Je savais qu’il allait y avoir les

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