«Nous avons un grief contre la Russie : c’est l’asservissement de la Finlande, sa russification à outrance.» Le critique d’art de l’Illustration ne mâchait pas ses mots pour dénoncer l’inscription des mots «section russe» à l’entrée du pavillon finlandais de l’Exposition universelle, à Paris, en 1900. Mais il s’enthousiasme pour les œuvres célébrant le calme pur des paysages du pays des mille lacs et la vie rustique de ses campagnards, dépeints à dessein par les artistes locaux, dont Pekka Halonen, à qui le Petit Palais consacre une charmante exposition, bien de saison tant l’hiver est là-bas un motif artistique récurrent et «un thème national par excellence», certifie une des commissaires. En 1900, Pekka Halonen (1865-1933) et ses acolytes promeuvent l’identité finlandaise contre le joug du tsar Nicolas II, qui un an auparavant restreignait les droits des habitants du grand-duché rattaché à son empire depuis un siècle. L’expo «Un hymne à la Finlande» est donc au fond moins innocente qu’elle n’y paraît.
Passé par Paris et par l’enseignement de Gauguin, Halonen ne sera pourtant bien que chez lui, dans la maison qu’il a construite de ses mains, et dont une des salles du Petit Palais reproduit à peu près l’intérieur boisé avec la baie vitrée qui donne sur un lac gelé. Là, il cultive son jardin dont il peint les Tomates, rouges ou encore vertes, mais foisonnantes. S’aventure dans les bois pour figurer des Jeunes Pins enneigés ou des Bouleaux




