Imaginez la scène. Belmondo arrive lundi soir au paradis. Monte quatre à quatre les escaliers, enfonce la porte de l’épaule et lance de sa voix de stentor à ses potes : «Vous savez pas la meilleure ? Macron m’a collé un hommage national.» «Sérieux ?» Marielle, Rochefort et Cremer d’abord incrédules, se bidonnent. «Toi, le guignolo ? Aux Invalides ?» «Pierrot le fou à la caserne !» s’esclaffe Bedos un poil jaloux. La bande se tord de rire. On appelle Verneuil et Rémy Julienne pour affréter un hélico, muni d’un câble en titane et d’une échelle. Ce jeudi à 16h30, dans la cour d’honneur des Invalides, Emmanuel Macron entame son hommage «au monstre sacré du cinéma français», ce genre d’expression toute faite qui ne dit rien, rien d’autre que la vacuité de catégories de pensée frelatées. Un léger vent souffle sur le public et la mèche blonde du Président, un bruit de pales. En face de lui le couvercle du cercueil soudain se soulève. Une forme s’en extirpe, saute sur l’échelle et se barre dans un grand éclat de rire. Un ultime pied de nez aux bienséants. Car décidément «hommage n
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Au secours «Bébel», tire-toi de ton hommage en hélico !
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Jean-Paul Belmondo vivait dans l’instant, détestait les salamalecs, les médailles et les honneurs. Le voilà pourtant gravé dans le marbre de la Ve République ce jeudi aux Invalides. Ridicule.
A l’écran l’acteur a incarné une nonchalance interrogative, un j’menfoutisme transgressif, une animalité rigolarde et une virilité voyou propre à émoustiller et à choquer le bourgeois. (Pierre Vauthey/Sygma via Getty Images)
Publié le 09/09/2021 à 7h01
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