La première image est lumineuse dans son principe, belle dans son apparente évidence et ses lignes de fuite annoncent ce que nous allons voir. Une piste d’athlétisme se dresse devant nous, ses traits crayeux dessinant sept couloirs au sol puis s’élevant vers le ciel. Il y aura d’autres idées scénographiques (signées Léa Jézéquel et David Bobée) mais celle-ci est de loin la plus réussie (on est moins convaincu par les images finales), concrétisant les multiples pistes que l’autrice et comédienne Penda Diouf va tisser sur le plateau. Pistes de stade, pistes du désert rouge de Namibie, pistes que l’on suit avec le doigt sur les corps et les visages – cicatrices, rides ou scarifications.
L’autofiction, d’abord. «Où est la petite Penda ?» Elle est là et elle est incroyablement seule. Nanyadji Ka-Gara, unique actrice de la pièce, et Penda Diouf font entendre simplement mais cruellement la profonde solitude d’une enfant, seule noire dans l’école d’une ville moyenne de France. Elle s’entraîne quelque temps dans un club d’athlétisme et se passionne pour un autre corps noir, solide et discret, celui de l’athlète namibien Frankie Fredericks. Après une sévère dépression, la jeune femme voyage, seule, sur les routes de Namibie qui furent un siècle plus tôt le théâtre d’un massacre. De 1904 à 1908,