Quand Claude Mollard, artisan des politiques culturelles et inamovible bras droit de Jack Lang, est allé démarcher des éditeurs avec son journal de bord sous le bras, on lui a d’abord répondu qu’il serait plus judicieux d’extraire de ce précieux gisement brut un roman. Alors que viennent de paraître aux éditions du centre Pompidou les carnets originaux dans lesquels il relate la gestation de Beaubourg – un témoignage à peine rehaussé de quelques éléments de contexte et de commentaires –, on se dit qu’il a bien fait de tenir bon. Et le sémillant octogénaire d’assumer : «A l’heure des fake news, je tenais au format documentaire.» Et si l’on rêverait d’adapter à l’écran cet extraordinaire feuilleton politico-artistique (non moins romanesque que celui relaté dans le film l’Inconnu de la Grande Arche sur l’édifice de la Défense), il est précieux d’accéder aujourd’hui à cet objet inclassable. Il y annote dans l’instant et sans le souci de postérité, avec la rigueur des moines bénédictins et la désinvolture des chevelus des années 70, les multiples rebondissements d’un des plus grands chantiers culturels du XXe siècle.
«J’entre en cult




