Pas de foule compacte, pas de navettes bondées, pas de ville saturée par les bulles et les voix, mais des pancartes «Peace and Off» pour prôner l’apaisement et des casquettes «Make Angoulême Great Again» pour conjurer le sort. Le lancement du Grand Off d’Angoulême – version enrichie d’un événement qui se tient habituellement en marge du festival de la Bande dessinée d’Angoulême (FIBD), annulé cette année – avait quelque chose de surréaliste ce jeudi 29 janvier matin. «Beau, car il préfigure un renouveau, mais un peu triste aussi, confiaient quelques touristes déambulant dans les ruelles du centre-ville, déçus de louper l’effervescence des éditions précédentes.» La capitale de la BD avait battu son record en janvier 2025, avec plus de 200 000 visiteurs, une fréquentation presque démesurée à l’échelle d’une ville de 42 000 habitants. Car ici, la bande dessinée déborde du papier et façonne la ville : elle s’inscrit dans les rues, habille les murs, colore les bus et fait partie intégrante de la vie des habitants. Culturellement comme économiquement.
Un choc «absolument nécessaire»
Alors non, les librairies, les lieux d’exposition, les terrasses, les restaurants ou les hôtels ne débordaient pas ce jeudi. Mais derrière cette apparente atonie, la ville prévoit de bruisser autrement jusqu’à dimanche, avec 500 artistes répartis dans 76 lieux pour des rencontres, dédicaces, tables rondes et concerts. «C’est à la fois un grand bazar et un bel élan collectif pour se réapproprier la ville




