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Entretien

Florence Dupré la Tour : «Les artistes ne créent pas dans la misère, c’est un mythe grotesque et toxique»

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A l’occasion de la sortie de «Jeune et Fauchée» et des «Moribonds», deux histoires de déclassement social, la dessinatrice née dans la bourgeoisie catholique raconte comment la pauvreté l’a rattrapée et isolée, entre honte de manquer et peur de ne plus réussir à créer.

Florence Dupré la Tour chez elle, à Villeurbanne. (Juliette Treillet/Libération)
Publié le 23/01/2026 à 15h48

«Le travail ? Cette activité servile et asservissante ? Moi ? JAMAIS ! Je préfère jouer !» clame la petite Florence Dupré la Tour dans l’immense jardin de la propriété familiale. Avant d’être Jeune et fauchée, l’autrice née dans la bourgeoisie catholique a été jeune et friquée. Les choses se mettent à changer drastiquement après le licenciement de son père et, arrivée à l’âge adulte, elle ne reçoit pas le moindre soutien financier de sa famille. A la banale mouise étudiante succède une détresse profonde quand elle tombe enceinte par accident, deux fois, incapable d’avorter car marquée à vie par le «lavage de cerveau» de son éducation chrétienne. Des fragments autobiographiques en partie déjà semés dans ses précédents livres – la prodigieuse trilogie Cruelle, Pucelle, Jumelles publiée entre 2016 et 2023 chez Dargaud – mais qu’on redécouvre dans Jeune et Fauchée sous l’angle de l’argent, ou plus précisément de son manque. Au même moment sort chez Casterman une histoire aux airs plus loufoques, les Moribonds, où les quelques survivants humains d’une épidémie de zombification vivent sous la protection tyrannique du vampire Gabriel. Mais ce dernier a de plu

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